| Accueil
LIMINAIRE
Séance 98



Propositions d’écriture :

Fenêtres d’appartement, d’hôtel, de restaurant, de gare, d’ordinateur ou de téléviseur (cette autre fenêtre "qui contient toutes les fenêtres"), pare-brise, fenêtre de son lieu de travail, de la maison le matin quand on ouvre les volets, vitre du métro, du train, quand on regarde filer à vive allure le paysage distrait, autant d’images qui viennent du dehors, qui nous impressionnent. Les fenêtres cadrent un état du monde. Restituer par le biais de phrases concises, impressions détachées, fragment autobiographique, réflexion esthétique ou philosophique, sur des lieux dont le trait commun est leur banalité, le regard que l’on porte sur le monde.

Fenêtres sur le monde, Raymond Bozier, Fayard, 2004/Publie.net, 2011.

Présentation du texte :

« Chaque regard porté sur le paysage intègre les traces de l’existence passée, écrit Raymond Bozier. Nous voyons bien plus que le présent du réel nous donne." Le regard que l’on porte sur le monde au travers des fenêtres qui cadrent un état du monde, la vision qu’on en a depuis sa maison, une chambre d’hôtel, la vitre d’un train, d’un métro.

Composé d’une suite de trente-six courts textes dans lesquels un narrateur solitaire se tient derrière des fenêtres, ce livre n’est pas un pêle-mêle d’images figées, c’est bien au contraire son unité dans la mobilité qui retient l’attention (le narrateur voyage, de La Rochelle à Paris, de Bordeaux à Chambéry, de Rome à Madrid), celle d’un regard d’une rare acuité. Fenêtres sur le monde dénonce en effet, avec une rare détermination, l’assujettissement au règne des images formatées qui nous fait oublier qui nous sommes, qui nous abreuvent d’histoires qui nous ravissent de notre mémoire propre. »

Extrait :

« Métro aérien,

10 avril 2003, 19h45,

après l’enregistrement

d’une émission de télévision

Je suis assis près de la fenêtre. Le train surplombe le boulevard Auguste-Blanqui. Il circule en direction d’Étoile. Le ciel nuageux a des couleurs lumineuses d’après pluie. Passée la station Glacière, une double rangée d’arbres apparaît. La perspective est lumineuse. Les feuilles tendres ont des reflets d’or vert. On est à hauteur des feuillages, presque comme des oiseaux. La descente vers un tunnel nous rapproche des troncs, puis de la rue. Nous voici de retour dans la ville. On s’y enfonce même. On aperçoit un feu rouge à l’entrée du souterrain, les lumières de petits néons qui reviennent régulièrement comme des traînées blanches, des câbles accrochés à la noirceur de la paroi. On croise un autre train. Une rupture électrique provoque un flash d’obscurité. »

Fenêtres sur le monde, Raymond Bozier, Fayard, 2004, pp.145-146.

Présentation de l’auteur :

Né en 1950, Raymond Bozier vit à la Rochelle. Il a publié des poèmes, des récits et animé la revue littéraire "Cargo". Le prix du premier roman lui a été décerné en 1997 pour Lieu-dit, paru chez Calmann-Lévy. Il est l’auteur de Bords de mer, paru chez Flammarion en 1998, Abattoirs 26 et Rocade chez Pauvert, 2000 et Les Soldats somnabules, publié par Fayard en 2002.

Liens :

Un texte de François Bon sur le livre de Raymond Bozier

Un article paru dans L’Humanité sur le livre de Raymond Bozier

Poème extrait d’un travail en cours

Atelier d’écriture sur « Bords de mer » de Raymond Bozier sur Liminaire

Poème extrait d’un travail en cours

Raymond Bozier, Fenêtres sur le monde
Publié le 16 septembre 2005
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
Regard Ateliers d’écriture Ville Fenêtre Quotidien Passage Sens Monde Fragment Mouvement Espace






© LIMINAIRE 2011 - Créé par Pierre Ménard avec SPIP - Administration - Sur Publie.net - contact / @ / liminaire.fr - RSS RSS Netvibes Liminaire Suivez Pierre Ménard sur Facebook Suivez Pierre Ménard sur Twitter