| Accueil
LIMINAIRE
Séance 104



Proposition d’écriture :

« Quel est celui de nous qui n’a pas, dans ses jours d’ambition, rêvé le miracle d’une prose poétique, musicale, sans rythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience ? C’est surtout de la fréquentation des villes énormes, c’est du croisement de leurs innombrables rapports que naît cet idéal obsédant. »

(Charles Baudelaire)

Spleen de Paris, Michel Deguy, Galilée, 2001.

Présentation du texte :

« C’est surtout de la fréquentation des villes énormes, c’est du croisement de leurs innombrables rapports que naît cet idéal obsédant. »

Cette phrase liminaire du texte de Michel Deguy est une citation de Charles Baudelaire. Le titre de son texte, une référence directe à celui du Spleen de Paris. Le programme d’un livre hommage à Paris, à travers de courts textes vivants et relevés, les déambulations du poète Michel Deguy dans un Paris qu’il décrit tantôt exsangue, tantôt magnifique. Une somptueuse et intransigeante lettre d’amour à la capitale.

Extraits :

« Paris (en tant que) bruit. Son-et-lumière a-t-il éteint le bruits, les "cris" ?

Perception de la grand-ville en tant que grande par son Bruit. Le grand s’entend - grands boulevards, grandes gares (grandes locos, grands voyages), grande manif (1968), grande circulation (la différence jour-nuit par la rumeur), grandes églises...

Le bruit est l’organon du proche-lointain ; par l’oreille, pour elle, s’étendent l’extension, le spacieux, le se-rapprochant ou s’éloignant ; l’oreille est un zoom. Bruits cris, bruits sons, émouvants parce qu’improbables : le corbeau de la place le matin, les mouettes de la Seine, la pluie.

La cloche, les cloches de la religion, font beaucoup. Elles font le silence du dimanche, quand l’intervalle entre les coups (sons purs) remonte par la pente ; égrené. Elle fait de la distance aussi, remettant " Paris " à distance ; refaisant de la province dans Paris ; du " quartier " ("C’est mon quartier") ; de l’arrondissement ; elle fait aussi le temps. On compte. Le temps passe.

Jadis, avant les décibels, il y avait aussi un accent, parigot. »

Spleen de Paris, Michel Deguy, Galilée, 2001, p.19.

Extraits du livre sur Remue.net

Présentation de l’auteur :

Écrivain et philosophe, Michel Deguy a enseigné la philosophie jusqu’en 1968. Depuis cette date, il enseigne la littérature française à l’université de Paris VIII. Il a appartenu au comité de lecture de Gallimard de 1962 à 1987, puis a présidé de 1990 à 1992, le collège de philosophie dont il est membre. Il est rédacteur en chef de la revue Po&sie depuis 1977, et participe aux revues Critique et Les Temps modernes. Il a reçu le Grand Prix National de poésie en 1989. Il préside actuellement la Maison des écrivains.

Liens :

Dossier sur Michel Deguy sur Remue.net

Entretien avec Michel Deguy à propos de l’hybridité, par Jean-Michel Maulpoix

Michel Deguy vu par Jean-Michel Maulpoix

Entretien avec Michel Deguy, sur le site d’"Histoires littéraires"

Michel Deguy : Spleen de Paris
Publié le 28 octobre 2005
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
Ateliers d’écriture Palimpseste Ville Paysage Sens Rêve Fragment Paris Mouvement






© LIMINAIRE 2011 - Créé par Pierre Ménard avec SPIP - Administration - Sur Publie.net - contact / @ / liminaire.fr - RSS RSS Netvibes Liminaire Suivez Pierre Ménard sur Facebook Suivez Pierre Ménard sur Twitter