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LIMINAIRE
Séance 59



Proposition d’écriture :

Composer un texte court ou texticule (slogan, aphorisme, morale, résumé d’une intrigue inédite, poésie, parodie, cadavre-exquis, énumération pseudo-scientifique, etc.) à partir d’une récolte de livres dont on ne garde que le titre. Attention, ne jamais réutiliser un titre d’un texte à l’autre.

Au diable les écrivains heureux, Laurent d’Ursel, La Cinquième Couche éditions, 2005.

Présentation du texte :

« Une titrerie / poème en tranche est d’abord un objet. Il est formé de lamelles de papier, à savoir des tranches de livres amputées d’une bonne partie du volume auquel elles se rattachaient, transpercées de deux tiges filetées, compressées par deux écrous et barbouillées, ou plutôt peintes, de traits de pinceau vengeurs escamotant le nom de l’auteur. Des livres coupés, rivés ensemble, écroués, maculés. Certains, qui aiment les références, parleront de compression, de bloc minimal ou de ready-made aidé. L’objet semble l’emporter définitivement sur la lettre. »

Extraits :

« sous l’œil de l’horloge hantée par le souvenir l’aiguille creuse le chiffre de nos jours »

« ah ! les femmes la solitude du coureur de fond l’angoisse du gardien de but au moment du penalty les seins de blanche-neige les femmes s’en balancent elles se rendent pas compte »

« le paysan parvenu aux marches du palais lumineux rentre chez lui le sourire aux lèvres en contant les moutons écrits à l’encre rouge dans le lit des reines imaginaires »

Au diable les écrivains heureux, Laurent d’Ursel, La Cinquième Couche éditions, 2005.

Présentation de l’auteur :

Laurent d’Ursel est écrivain (il a publié quelques loeuvrettes, comme il se plait à les nommer). Il vit et travaille à Bruxelles, en Belgique. Il se définit ainsi :

« Belge débilingue, rhésus basque, granule puante, nouille esthétisante, éprouvette éprouvante, miette chichiteuse, plante verruqueuse, noisette molle, électron livre, selle dure, dépressif bio-gras, martyr ton plan, prince au foyer, converti au troc, sparachutiste au balcon, ça-m’ rend-foutiste invétéré, économiste non-marchand, plaquettiste surprise, louvrettiste dilettante, scénariste vague, misonéiste alerte, façadiste rétrograde, féministe mouliné, abruxelliste contrarié, recycliste amateur, gauchiste sexuel, alias Duracelle, alter-mondidéaliste, épiphénomène productiviste, mammographe manuel, président pluriel, piéton pissant, fumeur intermittent, voyeur regardant, donneur universel... »

Le texte intégral de sa description.

Une remarque d’un participant à propos de la contrainte de cet atelier : [1]

Liens :

Présentation du livre de Laurent d’Ursel par son éditeur

Présentation de Laurent d’Ursel

[1] Le saviez-vous ?

Benjamin Peret a écrit, dans son recueil « De derrière les fagots », un poème entièrement constitué de titres de films, dont voici un extrait :

« L’escalier aux cent marches »

« L’aigle bleu et le démon des steppes

dans le dernier fiacre de Berlin

Légitime défense

des âmes errantes

le moulin rouge à l’école des mendiants

attend l’étudiant pauvre

Avec la bonne Chasseurs sachez chasser

un jour de pair

Chasseurs sachez chasser

comme papa spécule

avec le sourire

Par l’épée par l’épée par l’épée

le tigre des mers rêve de bonheur (…) »

Laurent d’Ursel : Au diable les écrivains heureux
Publié le 7 janvier 2005
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
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