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LIMINAIRE
Séance 8


Proposition d’écriture :

S’approprier de manière irrévérencieuse tous les textes poétiques des ouvrages qu’on a tendance à présenter comme nos livres de chevet, nos livres de référence, en en tentant une réécriture qui se présente comme une nouvelle lecture.

Autobiographie, chapitre dix : poèmes avec des moments de repos en prose, Jacques Roubaud, Gallimard, 1977.

Présentation du texte :

Des textes de Pierre Reverdy, de Robert Desnos ou encore de Marcel Duchamp, alias Rrose Sélavy, de tous ces poèmes composés dans les dix-huit premières années de Jacques Roubaud (1914-1932), ce dernier fabrique ce livre malicieusement intitulé Autobiographie, chapitre 10. Poèmes d’avec des moments de repos en prose. Par exemple « Infinitif » [1], le poème de Robert Desnos qui figure dans « Les Ténèbres », livre paru en 1927, devient chez Roubaud « Définitif. » [2] « La vie est unique, précise Jacques Roubaud, mais les paroles d’avant la mémoire font ce qu’on en dit. »

Extrait :

« JEU : Un

il fait un soleil de chien et

le bruit de mes pas croît comme une catapulte

le long de l’horizon

asseyez-vous, collines, sur les lacs

que le ruisseau solidifié par les grandes branches du vent s’élance

du haut de la cathédrale des hannetons

je suis plus heureux que la mousse

la mousse n’a pas de cheveux moi

j’ai une chevelure d’aube et de beurre frais

inutile de dire que les grenouilles s’en foutent. »

Autobiographie, chapitre dix : poèmes avec des moments de repos en prose, Jacques Roubaud, Gallimard, 1977, p.110.

Auteur :

Jacques Roubaud est né en 1932. Mathématicien et poète, membre de l’Oulipo (Ouvroir de Littérature potentielle). Co-fondateur de l’Alamo avec Paul Braffort et inventeur de plusieurs contraintes telles que le « baobab » et le « haïku oulipien généralisé ».

Dans son œuvre protéiforme on trouve des recueils de poèmes, des romans, des essais.

Liens :

Biobibliographie de Jacques Roubaud sur l’encycloépdie Wikipédia

Page consacrée à Jacques Roubaud sur le site de l’OuLiPo

Dossier J. Roubaud sur le site de la revue littéraire La Femelle du Requin

Documentation critique sur J. Roubaud

*Netscript Jacques Roubaud

[1]

Corps et biens (Les ténèbres)

Y mourir ô belle flammèche y mourir voir les nuages fondre comme la neige et l’écho origines du soleil et du blanc pauvres comme Job ne pas mourir encore et voir durer l’ombre naître avec le feu et ne pas mourir étreindre et embrasser amour fugace le ciel mat gagner les hauteurs abandonner le bord et qui sait découvrir ce que j’aime omettre de transmettre mon nom aux années rire aux heures orageuses dormir au pied d’un pin grâce aux étoiles semblables à un numéro et mourir ce que j’aime au bord des flammes.

Robert Desnos

[2]

Autobiographie (chapitre 10)

Je mourrai flamme sans bord je mourrai sauf accident les nuages fondant dans la neige le sol comme l’origine au soleil pauvres de l’écho qui ne se meurt pas encore mais voit durer une ombre née avec le feu, qui peut l’éteindre et l’étreindre, embrasser, pierre fugace, le son soulever les hauteurs abandonner le bac rive à rive l’appel vaporisé dans le fleuve ordonne ma maort mais dans la flamme h umide de découvrir ce que j’aime au fond banalisé de ce qui ne se peut omettre autres faux sisyphe mon nom poussé vers le tien l umineusement joint au tien dans la ladoublure de cette flamme, penses-y.

Jacques Roubaud

Jacques Roubaud : Autobiographie, chapitre dix : poèmes avec des moments de repos en prose
Publié le 20 février 2004
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
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