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LIMINAIRE
Ateliers d’écriture à Sciences Po Paris #3



Une série de douze ateliers d’écriture durant le premier semestre 2011/2012 des étudiants en deuxième année de Sciences Po, ayant pour but de procéder à l’écriture collective d’un récit numérique géolocalisé à partir des images de Google Street View sur Google Documents et sur le blog Le tour du jour en 80 mondes.

Google Street View est un révélateur de notre expérience du monde et de notre rapport au temps et en particulier, de la paradoxale tension entre notre indiffère,ce quotidienne aux choses qui nous entoure et notre incessante recherche de connexion et d’interaction. C’est l’occasion de porter sur Google et le monde qu’il dessine, un nécessaire regard critique, une analyse de la représentation du monde que nous proposent Google Maps, Google earth et Google Street View.

 

 

 

 

 

 

 

 

Textes des participants 2013 :

15e arrondissement - Quartier Volontaires/Vaugirard

Centre-ville de Verneuil-sur-Seine (Yvelines)

Saint Thomas d’Aquin

Batignolles

Petit tour du VIIe arrondissement

Saint-Germain-des-Prés

Autour du Panthéon

Balade autour de l’Avenue de Suffren

Petit tour du quartier asiatique

Vincennes

Vers Saint Michel

Quartier Mouffetard - Panthéon

Mon Paris, Montparnasse

Bornes, Saint Denis


Textes des participants 2012 :

17 ans dans le même triangle rectangle

“Gros-Caillou”

Le poumon Pernety

Notre environnement quotidien

Un village en Paris

Intramuros

Retour à la vie normale

Avis aux indécis

Quartier Montparnasse

Correspondance


Les textes des participants en 2011 restent disponibles sur le site du Tour du jour en 80 mondes entre Petite balade par catégorie et Balade parisienne.


Lecture vagabonde :

Dans Paris, musée du XXIe siècle : Le Dixième arrondissement, Thomas Clerc a décidé d’arpenter de long en large le Xe arrondissement de Paris à travers ses 155 rues, places, quais, squares, cités, avenues, jardins, boulevards, impasses et passages, en adoptant l’ordre arbitraire mais incontestable de l’alphabet, de la rue d’Abbeville à la cité Wauxhall. Il s’offre à la flânerie et à une lecture vagabonde, discontinue plus que linéaire de la ville. Au fil de son texte, des bornes régulières viennent interrompre le texte et proposer un point de vue différent sur la ville. Un portrait du quartier entre la confession, le rêve, l’étude ethnographique, politique, économique et, bien sûr, historique qui inclut en outre une réflexion sur la "muséification" de la capitale.

Bornes :

Ambiance, Apparition, Archive, Aveu, Cartographie, Configuration, Contact, Danger, Figure locale, Incident, L’ignorez-vous ?, Mystère social, Objet d’art involontaire, Pièce sonore, Proposition, Reconversion, Scène, Site conflictuel, Style, Théorie, Vie future, Vie antérieure...

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait :

« Je pars de la RUE DU FAUBOURG-SAINT-MARTIN (1 885 x 20 m), mon centre de gravité. Sur la façade du I, apparaît en lettres de métal CENTRE DE SANTÉ. Un travelling arrière, et le voilà métamorphosé en « marchand de vêtements pour enfants ». Comme un néon sur les murs d’une galerie, les mots brillent dans le vide, coupés de leur référence. Contact : j’accoste un client qui sort du magasin. Il n’a rien remarqué de spécial. Piège : si un laboratoire d’analyses médicales dépose le bilan, ses résultats sont-ils encore fiables ? Le négatif devient vice versa. Configuration : j’observe sous sa protection l’élégante porte Saint-Martin qui, elle, n’est pas un leurre, mais une arche à 3 branches sur socle. Monument mineur, elle n’est guettée par aucun effet d’usure. La nuit, éclairée par des projecteurs, elle accède même à la beauté du second rôle. Le bas-relief a fixé les personnages historiques en spectateurs impuissants ; face à la mobilité incessante des piétons et voitures anonymes, les héros louis-quatorziens n’intéressent personne, comme s’ils avaient été floués par la gloire. Théorie : l’ennui dégagé par les monuments vient de leur caractère universel, qui les ancre dans un lieu définitif et les fige pour l’éternité dans le statut de « grande chose ». Bien qu’il y ait des gens ennuyeux comme des monuments, la face humaine me paraît toujours plus riche de sens et d’affect que les « vieilles pierres ». Les monuments sont des volcans éteints. Cet ennui ne se dissipe que par la grâce d’une représentation, film ou photo, qui ranime les masses de la ville endormie, et transforme les fictions en documentaires. Rebaptême : la porte Saint-Martin, ma colonne d’Hercule. Méthode : je prends le trottoir de droite pour monter vers Stalingrad, je prendrai celui de gauche pour redescendre. »

Paris, musée du XXIe siècle : Le Dixième arrondissement, Thomas Clerc, Gallimard, Collection "L’Arbalète", 2007.


 

 

 

 

 

 

 

 

« L’auteur, écrit Laure Limongi sur son blog, adopte un angle d’approche qui m’est cher depuis quelques années – depuis ma première visite de Berlin, ville-friches, et ma lecture de Gilles Clément (sa notion de « tiers paysage ») – la question de la muséification de Paris dont on observe la progression à l’œil nu, tous les jours, avec la vitesse des marées qui déboulent à l’allure de chevaux au galop. Épuisant l’arrondissement à la Queneau, de façon vertigineuse, Thomas Clerc crée également une forme hybride d’écriture, comme il l’avait fait dans son Maurice Sachs. »

Atelier d'écriture sur la ville au Centre château Landon, Paris 10<sup class="typo_exposants">e</sup>

 

 

 

 

 

 

 

 

Lors des ateliers sur la ville mis en place au Centre château Landon, dans le cadre de ma résidence soutenue par le Conseil Régional d’Île-de-France en 2010, j’ai proposé cet atelier aux participants parmi lesquels Anne Savelli et Joachim Séné se sont prêtés au jeu.

103 bis

103

Je pars du 103 avenue Simon Bolivar, 75019 Paris. 103, près du CentQuatre et c’est pourquoi le nomme le trajet du 103 au CentQuatre le 103 bis. Écrire à propos du 103 bis ? Un désir, demeuré projet.

En face

La boulangerie, tenue par une dame Suédoise à cheveux courts dont on dit qu’elle a "le sens des affaires" (les croissants sont chers), qui promène son chien en laisse et dont je boycotte l’adresse chaque fois que le camion de farine lié à al Boulange (c’est son nom) par un long tuyau gris, fait vibrer le quartier à cinq heures du matin (c’était hier).

Tout près

La blanchisserie, mystérieusement fermée hors période de vacances.

Au-delà

Le carrefour dangereux, axe Bolivar/Mathurin Moreau, qui permet à gauche de se rendre à Colonel Fabien ; tout droit, de se diriger vers Jaurès ; à droite de grimper vers les Buttes Chaumont. Il y a quatre ou cinq ans, avoir été renversée là par une camionnette, avoir dû son salut à une geste du bras repousser la tôle, le capot, la portière, n’être pas passée sous les roues grâce à ça. Souvenir du téléphone portable tombé, projeté par terre, intact. Du petit, qui a presque vu entendu le choc. Des pompiers jeunots, parlaient sport, riaient en me transportant aux urgences.

Tout droit

Le Franprix, centre des croisements. La femme gitane qui y fait la manche d’habitude, m’a dit s’appeler "Ga-lè-re", je ne sais pas si j’ai bien compris. Centre des croisements, place où les enfants, après l’école, poursuivent leur conversation devant un container de rue. À cet endroit, l’avenue se met à descendre, pente douce vers les écoles A et B, l’église Saint-Georges demeurée vide. Partout, le bar de l’avenue, les sirènes, les scooters, les camions, les voitures vitres ouvertes même l’hiver pour manquer le territoire, dire quels rythmes, quelles pulsations, quelles infra-basses traverser, accompagner la nuit, la journée.

Couleurs/Cités

Passer devant la cité blanche juste après le Franprix, nommée ainsi par tous, plus chic que la cité rouge, HLM, qui fait l’angle entre Bolivar et la rue des Chauffourniers. Pour entrer dans la cité blanche : un code, deux codes, un interphone. Le rêve du petit, un appart à la cité blanche.

Couleurs/Portes

Les écoles A et B et leurs portes de couleur bleue. 130 d’âge, des cours trop petites, et le bus de l’avenue ne les épargne pas. Mais on y fait la fête, cultive un jardin suspendu - il donne sur la cité blanche.

Rideau

Le rideau de fer de la chocolaterie, face aux écoles, a été graphé. Thématique de la récolte, de l’île enchanteresse, larges feuilles, graines de cacao. En hiver, la boutique propose du chocolat chaud au verre : on entre dans la boutique, tourne un robinet, remplit son verre de chocolat chaud. La devanture rythme les saisons, et la patronne fait tout elle-même : fausses balles de tennis au chocolat blanc (époque Roland-Garros), ardoises et craie (rentrée de septembre), etc.

Rappel : en début d’année, rentrée de septembre, un matin, avoir aperçu près de la chocolaterie deux voitures de police, un ruban de plastique qui cernait le trottoir : la banque d’à côté venait d’être braquée. Le butin ? Dérisoire, je crois.

Banc

Ce fut longtemps celui d’un homme barbu, obèse, auquel le quartier apportait à manger. Ce fut ensuite, fleurs, mots, bougies, celui de son passage ici.

Carrefour

Au carrefour de la rue de Meaux (l’avenue Bolivar a perdu son nom, est devenue l’avenue Secrétan), un café judicieusement nommé le carrefour. Sentiments de grande ambivalence pour ce lieu, je l’aime, je le hais, selon la musique, la radio qu’il diffuse. À quand le silence ?

Soldes

Puis c’est, jusqu’à Jaurès, le royaume du commerce : la meilleure boucherie de Paris, la meilleure fromagerie de Paris, boutiques de vêtements pour enfants, parfums, mandarines, poulet rôti, téléphones portables, asperges, brosses à dents, brosses à cheveux, journaux, chaussures chics, robes chères, robes moches, poissons, crevettes, glaces en été, patates sautées, rubans de la Saint-Valentin. Royaume du Monoprix et du Mac Do, chacun son trottoir, chacun son public. Tout au bout, Jaurès, la ligne aérienne. Ligne 2, Nation-Dauphine, colonnes, armatures, escaliers. Et le canal Saint-Martin. Dans l’entre-deux en août 1999, avoir sur la place assisté à l’éclipses, tous en lunettes, tous arrêtés.

Anne Savelli


 

 

 

 

 

 

Ma rue d’il y a dix ans, à Clichy la Garenne, rue d’Estiennes d’Orves, le matin est bruyante de la rue Martre et du boulevard Jean Jaurès, toutes deux à sens uniques, contraires, l’une l’artère, l’autre la veine de la ville. Je sors de mon immeuble, dont la porte cochère est au centre exact de cette section de rue comprise entre la veine et l’artère, mesurant cent-sept mètres. Je me dirige vers le boulevard Jean Jaurès. A l’heure où je pars travailler, le fabricant de miroir de l’autre côté de la rue est déjà ouvert. Grand portail d’usine, bien réveillée à cette heure, qui résonne de reflets. Pendant les quatre ans où je suis sorti de mon immeuble deux cent dix-sept jours par an à cette heure (sauf arrêts maladie) je n’ai assisté à aucun accident de miroir, ni constaté aucune trace d’accident à mes retours le soir. Des miroirs de toutes tailles, portés par des ouvriers, seuls ou à deux, ou à trois selon la longueur des miroirs, des grands miroirs fixés sur les flancs des camionnettes, des miroirs géants portés par des remorques de camions, des miroirs ronds, des miroirs parfaitement carrés, des miroirs courbés, des miroirs pour ascenseurs, des miroirs pour boulangeries, des miroirs pour restaurants, des miroirs pour hall de grands hôtels, des miroirs pour quoi encore, on se demande : hall de gare, salle d’embarquement d’aéroport, caverne de trolls en Norvège ? Et malgré tous ces passages et ces manœuvres délicates dans une rue de seulement treize mètres de large, avec des voitures garées des deux côtés, malgré l’intérêt que cette rue présente comme pont entre veine et artère pour les voitures, les scooters, les motards, les livreurs, malgré la possibilité, toujours présente, de forcer le passage, de passer où c’est trop étroit et sans visibilité, jamais il n’y eut un éclat de miroir pour refléter le ciel ou les lampadaires.

Sur mon bout de trottoir, je tourne la tête, mon regard quitte l’usine et glisse le long de la façade de mon immeuble (qui aurait pu, sur une de ses pierres, être gravé de : « 1923 – architectes Louis et Martin »), briques jaunes, non pas rouges comme celles des villages du nord picard de mon enfance, et passe sur une gouttière qui tombe du toit et plonge dans le bitume du trottoir par une plaque en fonte au motif quadrillé, glisse ensuite sur la pierre de taille, grise, de l’immeuble voisin, dont les fenêtres du rez-de-chaussée sont ornées de colonnes taillées comme on l’imagine les pions d’un jeu d’échec, des volets métalliques, puis la porte cochère du numéro 3, et son digicode, faire attention à une éventuelle sortie précipitée, homme pressé, poussette, les incidents de ce genre furent au cours de ces années plus à craindre que les chutes de miroirs. Le 1bis est un artifice ajouté entre les immeubles du 3 et du 1, une pièce mal rapportée, une sortie de garage, une fenêtre, pas de porte, en hauteur celle d’un étage, le rez-de-chaussée, pas plus, sorte d’aberration urbaine, et quelqu’un pourtant vit ici.

L’immeuble du 1, sa porte cochère, son digicode, un bloc compteur télécom plastique poussiéreux, deux fenêtres rayées de grilles noires et des plantes derrière qui semblent s’agripper aux barreaux ; et puis c’est la vitrine du restaurant japonais, ex-chinois, avec l’apéritif offert et -10% à emporter. Je traverse sans regarder, la rue est à sens unique et avec un peu de chance un camion de livraison bloque la circulation.

Je regarde quand même, traverse, passe devant l’Étoile de Clichy : « cabines téléphoniques, cartes prépayées pour l’étranger, internet, em@il, fax ». C’est l’ex-Étoile de Clichy : « Épicerie des cinq continents », thés, patates douces, bananes plantains, racines de gingembre, pâtes de riz, épices, noix, piments. Je suis sur le boulevard Jean Jaurès, côté pair sens de circulation. Le 116, brique rouge et pierre de taille, haussmannien, une porte de fer forgé et verre, et près de cette porte sur le mur, une trace de plaque de médecin, ou alors la plaque elle-même si je décris le trajet de ma première année de travail, et sur cette plaque le nom du médecin qui me prescrivit mon premier arrêt de travail, après une semaine de soixante douze heures sur un projet informatique pour Guerlain, dont personne ne garda un bon souvenir, rien que ce mal au dos, mal du bureau, ces trente-trois heures de trop.

Je continue vers le centre, et croise, peut-être sur le passage clouté de la rue du Guichet, cette femme, la cinquantaine, aux longs cheveux blancs, qui marche chaque matin en sens inverse du mien. Je la croise presque tous les matins, jamais au même endroit, cela peut-être devant la plaque absente du médecin, ou devant l’agence immobilière tenue par le fils de mon propriétaire, ou devant le Mac Do de la place de la mairie (où j’avoue avoir deux ou trois fois petit-déjeuné pour les pancakes et le sirop d’érable et pour cause de frigo et placard vides), cela peut-être en passant devant le Bar de l’Avenir, qui aujourd’hui a disparu, ou plus loin encore, après la place de la mairie, rue de Neuilly, sous le balcon du kiné barbu qui fume la pipe à huit heures et demi du matin, cela peut-être aussi à la gare, d’où elle vient, où je l’ai croisée un jour, elle descendait du quai vers lequel je montais. Pendant ces quelques années, à chaque fois que je l’ai croisée, je me suis demandé où elle pouvait travailler. Son âge, sa coiffure non coiffée, simplement ses cheveux blancs en queue de cheval jusqu’au milieu du dos, un pas lent, calme, très droite elle regardait loin devant elle. Toujours habillée de noir, en toute saison, portant à l’épaule un sac à main noir plat, presqu’une sacoche, difficile de l’imaginer à quelque poste que ce soit, peut-être administratif, peut-être l’accueil d’une société, peut-être à l’usine de miroirs, mais elle serait alors toujours en retard et sa démarche tranquille, presque aérienne (touche-t-elle le sol ?) montre qu’elle est bien sûr à l’heure, pour quelque part. Et puis un matin je l’ai vue entrer dans un immeuble de ma rue, au numéro 3, elle y a croisé une poussette. C’est un immeuble sans plaque, sans société. Elle rentrait tout simplement chez elle, de son travail de nuit, infirmière peut-être. Et puis un autre jour j’ai pris conscience que je ne la voyais plus depuis des mois, et les jours suivants toujours pas, j’ai pensé qu’elle était en retraite.

À la place de la mairie, je traverse le boulevard, je traverse la place, et emprunte la rue de Neuilly. Elle a beaucoup changé au cours de ces années. Elle commence avec, sur le trottoir de droite, des magasins, je ne m’en rappelle d’aucun, à part de cette librairie, restée fermée et à vendre pendant tout le temps que je suis passé devant, c’est-à-dire plus de quatre ans, sans doute était-elle dans cet état depuis plusieurs années déjà. Derrière la vitrine, des livres empilées et des piles renversées, des livres par centaines, des livres par milliers, tous emprisonnés derrière le panonceau de l’agence immobilière et une grille de fer. Pendant toutes ces années pas une revue, pas un livre de poche, rien n’a bougé que la recouvrante poussière. Aussi, les rêves, de m’y voir, là, derrière le comptoir, après avoir rouvert la librairie, et sauvé les livres.

Joachim Séné


Paris, 10<sup class="typo_exposants">e</sup> : Photo Pierre Ménard

 

 

 

 

 

 

 

 

L’atelier (en extérieur) :

Entrelacer, dans une forme hybride d’écriture, l’étude objective, documentée, et les considérations personnelles ou autobiographiques (ces dernières n’étant nullement inscrites en marge de l’étude mais dans son déroulement même), pour décrire un quartier, une ville, en adoptant l’ordre arbitraire mais incontestable de l’alphabet. Il faut en effet renouveler les modes d’approches et de perception de la ville en s’offrant à la flânerie et à une lecture vagabonde, discontinue plus que linéaire.



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