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LIMINAIRE
Séance 144



Proposition d’écriture :

Phrases courtes, ellipses et laps, ponctuation amnésique, coq à l’âne et tête à queue, je féminin, suggestions sexuelles, plages de souffle et rythmes endiablés constituent la morphologie polymorphe d’une voix et de son énoncé iconoclaste. Le débit - Furie bonds - s’impose dès le début, s’y débat, crée une ambiance débordante et avance un langage, un univers personnel, reliant le monde de l’enfance et les jeux des adultes, de la jalousie ou de l’érotisme.

Furie Zéro, bâtons, Hugo Duchesne, Le Quartanier, 2004.

Présentation du texte :

L’esprit du texte d’Hugo Duchesne est de « maintenir l’énergie du commencement, qui fit entrer dans le débat avec la langue » comme l’écrivait Christian Prigent. Cette énergie du commencement est ici signifiée par le titre, autant que diffractée thématiquement et réitérée formellement dans l’ouvrage. Écriture toute en impulsions et en interpellations, à la rythmique particulière, d’un audacieux parti pris narratif, au plus près d’un parler primaire d’aujourd’hui, (dont l’écriture retrouve le rythme et aggrave délibérément les syncopes), aussi bien que du quotidien prosaïque et de sa décomposition, ses ratés, ses hoquets et ses échos. Le vers court bascule, sans cesse, d’une idée à l’autre.

Extrait :

« La furie déchante à l’horizontale

bouche éteinte, l’idiote :

sol et ciel poussent le ciel

et ciel : ciel assez retombé, sol

pousse une vie,

sexe bée.

poussière tourne seule, une par jour.


Sexe bée à hue et à dia,

elle revient d’aller

vers moi qu’elle ne redoute pas

va pour une fois mal

dit : reviens, j’ai une hanche

à découdre par-dessus la mienne.

Cogne couchée comme au val,

lèse ensuite, laisse goulu.

A feu qui lave Furie,

un autre le teste.


Testez deux planches de mimes,

rien ne change,

que vous sur le point de faire d’elle :

un pas

s’éloigne la fête

a raison quand elle va se coucher

la fiction dégrade


La fête dégrade / dans une arène ce que je veux / dans un ring ce que j’organise / renie secours / clignotants : je peux travailler dans les cordes / filent sans et sens / transfert et transport diffèrent / voilà le début du rythme / les yeux précis les concres zig zag parce que frapper des painos m’enfièvre / j’avance d’une frappe parce que je l’écoute battre / le pouls je le prends / les avancées les reculs prennent / rien de plus transi que le chant / je suis chanceuse. »

Furie Zéro, bâtons, Hugo Duchesne, Le Quartanier, 2004, pp-24-27.

Présentation de l’auteur :

Né en 1975, Hugo Duchesne vit à Montréal. Il a publié L’effort des salives (Les Intouchables, 2002) et Furie Zéro, bâtons (Le Quartanier, 2004). Il a complété une maîtrise en création littéraire à l’Université Mc Gill. Il travaille à l’écriture d’un roman.

Liens :

Le site de son éditeur canadien Le Quartanier

Hugo Duchesne : Furie Zéro, bâtons
Publié le 4 août 2006
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
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