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LIMINAIRE
Séance 137



Proposition d’écriture :

A partir de brèves notations de faits et gestes quotidiens, de descriptions d’instants partagés avec une personne qu’on aime, faire son portrait, en courts fragments qui commencent tous par son prénom.

Nina, un portrait, Gilles Moraton, Éditions L’Anabase, collection la Chrysolithe, 1999.

Présentation du texte :

Le narrateur note les moments heureux et les inquiétudes de sa relation amoureuse commençante avec Nina, jeune fille qui entre peu à peu dans sa vie. Il trace ainsi par petites touches son portrait. Nina est l’image parfaite de la femme-enfant. Elle aime voir le désir dans le regard des hommes. Elle pleure parfois devant la misère du monde. Nina est une étudiante éprise de livres anciens. Nina est l’objet unique de ce livre.

Extrait :

« Nina inspire confiance, elle la porte sur son visage, c’est pour cela qu’elle peut voler aussi facilement des livres, on ne se méfie pas d’un visage comme le sien.

Nina n’aime pas la pluie, même pas pour la regarder tomber derrière une fenêtre, elle n’imagine pas un endroit sans soleil.

Nina voudrait une fois faire l’amour avec une fille, juste pour changer de la virilité que les hommes se croient obligés d’afficher dans l’amour, mais elle ne sait pas, non, si elle se décidera un jour.

Nina, quand elle monte des escaliers, pose ses talons sur chaque marche et se propulse de ses cuisses, c’est bon pour les jambes, dit-elle, et pour la colonne vertébrale, on ne s’imagine pas l’importance que peut avoir le fait de monter les escaliers en posant le talon à plat. Moi je la regarde monter.

Nina m’assure que si je ne l’avais pas d’abord embrassée dans le cou, elle ne serait pas là en ce moment. »

Nina, un portrait, Gilles Moraton, Éditions L’Anabase, collection la Chrysolithe, 1999, pp.24-25.

Présentation de l’auteur :

Gilles Moraton est bibliothécaire à Béziers. Il a déja publié Le Magasin des choses probables (1995), Au bord de la cage du monde (L’Anabase, 1995), La promiscuité des vaches est mauvaise pour la santé des jeunes filles (L’Anabase, 1996), et Le chemin de la plage (Deyrolle, 1997) et Les passantes hollandaises (L’Anabase, 2000). Avec Fabrice Combes, il a écrit Trois heures à feu vif, paru chez Gallimard en 2002.

Liens :

Videomaton Le Matricule des Anges avec Gilles Moraton et Fabrice Combes pour leur livre « Trois heures à feu vif »

"Un certain ordre des choses", de Gilles Moraton sur Google Books

Gilles Moraton : Nina, un portrait
Publié le 16 juin 2006
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
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