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LIMINAIRE
Séance 114



Proposition d’écriture :

La répétition du terme je pense à toi agit comme un déclic, un irrésistible élan, qui permet d’écrire à l’être que l’on aime. L’aveu devient témoignage et tendre ritournelle aux travers de phrases-souvenirs, pensées et regards furtifs. Une déclaration d’amour à la recherche de l’autre soi-même.



Je pense @ toi (Ça ne prouve rien), Frank Smith, éditions Olbia, 2002.

Présentation du texte :

De quoi s’agit-il ? C’est comme un jeu de construction, un rappel à l’ordre, un geste social, cela ne va pas de soi, marelle de pensées, précipitation de désirs, lente conspiration, chercher je ne sais pas quoi, une ritournelle de la voix aimable, des bouts de pensées, au pluriel & en minuscules, insolentes ou tendres, fixées comme des jalons parmi d’autres, des échos incertains & tourmentés, un état de lutte, chaque fois un extrait (substrat) de destin minuscule & différent, une panoplie d’avenirs possibles, un adoucissant, un signe particulier, un fait d’âme, une fête, ni plus ni moins.

Extraits :

« Je pense à toi, contre mauvaise fortune bon cœur

Je pense à toi, sans prévenir personne

Je pense à toi, en un mot comme en cent

Je pense à vous, comme si de rien n’était

Je pense à toi, éléments de réflexion, miroir où voir poindre les itinéraires que je ne parviens pas à transgresser

Je pense à toi, strié ; striées les pensées, striés les doigts que j’use à écrire, strié le ciel que je remplis, strié l’énoncé de mes sommeils avec toi

Je pense à toi, à toi maintenant »

Je pense @ toi (Ça ne prouve rien), Frank Smith, éditions Olbia, 2002, p.21.

Je pense à toi, ça ne m’appartient pas en propre

Je pense à toi, des bouts de pensées, au pluriel & en minuscules, insolentes ou tendres, fixées comme des jalons parmi d’autres, des échos incertains & tourmentés

Je pense à toi, "Téléphone sans but - caresses distraites - yeux divergents"

Je pense à toi, tout confus, tout illisible, toujours dramatique, toujours bref

Je pense à toi, je pare au plus blessé

Je pense à toi, je force, j’abrite, je recueille, je transperce, je réunis, je brutalise, je salis... je m’évapore

Je pense à toi, trente mille sacrifices

Je pense à toi, où est ta semaine, quelle est ta fête, ton anniversaire, quel jour est celui de ta présence ?

Je pense à toi, quels monuments, documents, preuves, témoins ?

Je pense à toi, plus loin, plus loin que toi, plus haut, plus haut que ton image, comme en surplomb, au-delà des lacs

Partir en forêt, connaître des arbres & occuper ses mains, ses pieds. Je ne pense plus à toi. Partir

Je pense à toi, je pense à nous, sans moi, sans nous, seul, seuls, depuis...

Je pense @ toi (Ça ne prouve rien), Frank Smith, éditions Olbia, 2002, p.39-40.

Présentation de l’auteur :

Frank Smith est né en 1968. Producteur-coordonnateur de l’Atelier de Création Radiophonique de France Culture, il est l’auteur de plusieurs documentaires radiophoniques, dont Un barrage contre le Golfe du Mexique (Grand Prix 2004 de l’Université Radiophonique et Télévisuelle Internationale). Avec Christophe Fauchon, il a dirigé deux anthologies, parues chez Autrement : une de poésie, Poé/tri , 40 voix de poésie contemporaine (2001), et une de réflexions critiques sur la poésie contemporaine, Zigzag Poésie, formes et mouvements : l’effervescence (2001). Frank Smith a publié deux ouvrages : Pas, sur des photographies d’Anne-Marie Filaire (Éd. Créaphis, 1998) et Je pense @ toi (Éd. Olbia, 2202, réédité par les Éd. du Cygne, mai 2004). Après Le cas de le dire, éditions Créaphis, 2007, Frank Smith vient de publier Guantanamo au Seuil, Fiction & Cie, en avril 2010 et Dans Los Angeles, sur Publie.net.

Liens :

Site de Frank Smith

Hello Frank Smith : Un blog de Frank Smith

Etc. : Un blog de fragments de Frank Smith

Site de l’émission Atelier de Création Radiophonique de « France Culture »

Dans Los Angeles de Frank Smith sur Publie.net

1 commentaire
  • Frank Smith : Je pense @ toi 28 septembre 2010 11:05, par brigetoun

    Je pense à toi et tu ne le sais pas

    Je pense à toi quand je ne m’y attends pas

    Je pense à toi et je n’en ai pas le droit

    Je pense à toi et à ton chien, trop racé, trop bouillant, trop attiré par les chiennes du hameau

    Je pense à toi et à ton chien si las le soir, yeux et oreilles en berne

    Je pense à toi et alors je souris

    Je pense à toi et à ta barbe bouclée et parfumée

    Je pense à toi et à ma recherche de celle qui nous valait ça

    Je pense à toi de trop d’années

    Je pense à toi et ne le disais pas, trop évident, tranquillement c’était

    Je pense à toi et ce m’est excuse

    Je pense à toi, mains travaillant ensemble dans la bulle posée sur la neige

    Je pense à toi avec colère

    Je pense à toi et ça ne te pèse pas, je m’absous

    Je pense à toi, à la nuit, à la cheminée, aux gestes

    Je pense à toi, et encore un trou qui me rend vague

Frank Smith : Je pense @ toi
Publié le 6 janvier 2006
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
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