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LIMINAIRE
Séance 62



Proposition d’écriture :

« Ce sont à chaque fois des énigmes qui commencent et finissent de la même façon : un bout de phrase parce qu’on les prend en route, une absence de point final pour signifier que ça se prolonge. Des énigmes d’une dizaine de lignes, dont chacune ne dépasse guère la dizaine de syllabes, et où l’on retrouve d’une manière récurrente, une parenthèse avec une phrase en italique et quelques signes de ponctuation, qui se déplace comme la bulle d’air qui provoque l’embolie. Le tout évitant que l’écriture soit contaminée par les tics de la versification ou du discours. »

Gérard Noiret, article paru dans la Quinzaine littéraire n°851 (Avril 2003).

Petites formes, Dominique Quélen, Éditions Apogée, collection "La rivière échappée", 2003.

Présentation du texte :

Des histoires, bribes d’un roman en cours, récits à demi-mots, micros-fictions, nouvelles en devenir, l’auteur n’en garde en effet que l’essentiel, l’os, léger, implacable. Pour cela il faut savoir couper (court), retrancher (dans le vif) ce qui est en trop, ce qui dépasse. Être sans pitié pour le surplus. Caractéristiques des formes brèves. C’est le grand talent de Dominique Quélen, que l’on retrouve dans les trois ouvrages qu’il a publiés, qui sont à ce titre très révélateurs : "Petites formes" (ed. Apogée, 2003), "Vies brèves" (ed. Rafaël de Surtis, 1999) et "Bas morceaux" (ed. Motus, 1992).

Extraits :

« combat d’objets sensibles : l’un, tout sexué, auquel échappe un mot sur deux. Ses arguments gros comme des bras bien en vue (le monde faisant cercle autour). L’autre préférant l’impur, les règles perdues d’avance, en lutteur de la vie rentrée. Poumons vidés, cœur atteint à travers l’aisselle, corps tassé sous un poids sans équivalent dans la langue. Leur étreinte, quantité de poussière et de résidus mêlés »

« le corps n’a pas de nom. La peau a cédé, travaillée de toutes parts. Des filins tendus au point de rompre dans des écoulements. Une furie d’os et de nerfs (tranchant, fer, ongle, feuille, aiguille, trait) exhibant des états successifs : douter, tenter des incursions, lutter sans fin contre soi. Et contre qui s’approche pour peser, si près, si près qu’on peut confondre ce qu’on touche avec ce qu’on est »

« d’un embarras de mots, une arme. Dans la main taillée, dans sa nature, violence énorme jaillie de dessous. Rendant trait pour trait : la peau lacée autour des membres, un sang bruni en tas dans un coin, pour servir. (Combat de l’instant d’avant chaque fois revenu, tout en fleurs jetées, en grâces fuyantes, ce n’est que fatigue légère au corps). Meneur s’il en est, mais d’un complot contre soi. Et derrière, l’autre »

Petites formes, Dominique Quélen, Éditions Apogée, collection "La rivière échappée", 2003.

Présentation de l’auteur :

Né en 1962 à Paris, il enseigne à Lille. Dominique Quélen est l’auteur de Petites formes (ed. Apogée, 2003), ainsi que de Vies brèves (ed. Rafaël de Surtis, 1999) et Bas morceaux (ed. Motus, 1992).

Liens :

Présentation de l’auteur et diffusion d’un de ses textes sur Sitaudis

Présentation de Dominique Quélen sur Sitaudis

Dominique Quélen sur Publie.net

Dominique Quélen : Petites formes
Publié le 28 janvier 2005
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
Ateliers d’écriture Brèves Poésie Absence Fragment Histoire






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