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LIMINAIRE
Séance 90



Proposition d’écriture :

Lors d’un voyage, tenir le journal intime de sa propre stupéfaction, la chronique exhaustive de son dépaysement, s’étonner de voyager comme on peut s’émerveiller d’écrire. Evoquer ses souvenirs, ses lectures, relater l’histoire du pays ou de la région que l’on découvre à cette occasion, décrire les paysages, les visites que l’on fait dans les musées. Attentif à ce qui nous entoure, tracer le portrait des gens que l’on rencontre. Parler aussi de son cheminement intérieur et de son travail d’écriture.

Au pays du long nuage blanc, Charles Juliet, P.O.L., 2005.

Présentation du texte :

En août 2003, Charles Juliet s’envole pour Wellington, en Nouvelle-Zélande, où il s’installe pour une résidence de cinq mois. Il tiendra avec assiduité le journal de ce séjour à 20 000 kilomètres de chez lui, au pays du long nuage blanc. Ce nom que les Maoris ont donné à l’île au IXe siècle, est aussi le titre que l’auteur a choisi pour son nouvel ouvrage, écrit pour garder la trace des riens qui meublent ses journées.

« Jamais il n’est si longtemps allé si loin, écrit Jérôme Garcin dans le Nouvel Observateur. Il n’en revient pas – au sens propre. Cinq mois en Nouvelle-Zélande, lui qui ne parle même pas l’anglais ! Il a donc voulu tenir le journal intime de sa propre stupéfaction, la chronique exhaustive de son dépaysement. C’est très émouvant... Il s’étonne de voyager comme il s’émerveille d’être devenu un écrivain, avec une part de naïveté qu’il revendique et dont il tient qu’elle le protège du désenchantement où tombent la plupart de ses contemporains. »

Au fil des pages, Charles Juliet évoque ses souvenirs, ses lectures, relate l’histoire du pays qu’il découvre avec bonheur et qu’il quittera à regret, il décrit les paysages qu’il admire, ses visites dans les musées et chemine sur les traces de Katherine Mansfield, qu’il aime tant. Attentif à ce qui l’entoure, il excelle à tracer le portrait des gens qu’il rencontre. Il parle aussi de son cheminement intérieur et de son travail d’écrivain.

Extrait :

« 8 septembre

Regardé une cassette sur ces Néo-Zélandais qui, en 1914, ont gagné l’Europe pour repousser les Allemands et défendre notre liberté. Certains d’entre eux, en 1917, ont libéré Le Quesnoy, une ville de la Somme. Douze mille sont morts et ont été enterrés là où ils sont tombés. De tous les pays engagés dans le conflit, la Nouvelle-Zélande est celui qui, relativement au nombre de ses habitants, a eu le plus de morts lors de la Grande Guerre. Les habitants du Quesnoy n’ont rien oublié, mais je ne sais si notre mémoire collective garde suffisamment le souvenir de ces hommes qui sont venus de si loin pour se battre à nos côtés.

11 septembre

Quand je modifie la structure d’une phrase et change un mot de place, il n’a plus les mêmes vibrations.

Petite piqûre de désir contrarié lorsque je passe devant une librairie, puisque ne s’y trouvent que des lires que je suis incapable de lire. »

Au pays du long nuage blanc, Charles Juliet, P.O.L., 2005.

Présentation de l’auteur :

Charles Juliet est né en 1934. Il commence à partir des années 50 à tenir un Journal qu’il publiera à partir de 1978. Plusieurs de ses livres naîtront de ses rencontres avec Samuel Beckett, Bram Van Velde, Pierre Soulages. Il a écrit des romans autobiographies (l’Année de l’éveil, 1989) et de la poésie (Affûts, 1979, Fouilles, 1980, Ce pays de silence, 1992).

Liens :

Présentation du livre sur le site de l’éditeur

Dossier Charles Juliet sur remue.net

Charles Juliet, attentivement / site dédié à l’auteur

Charles Juliet : Au pays du long nuage blanc
Publié le 22 juillet 2005
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
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