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LIMINAIRE
Séance 91



Proposition d’écriture :

Une image, une métaphore, une équation existentielle que l’on s’empresse de noter au fil du temps, une impression fugitive, des moments furtifs, des portraits croqués sur le vif. Des bouts de textes, fragments sur le vertige d’être là.

La peur du voyage, Bernard Faucon, William Blake & Co., 1999.

Présentation du texte :

Dans le premier recueil de ce photographe de grande renommée, ce dernier partage des impressions, images, couleurs, moments furtifs ou portraits croqués sur le vif lors de ses voyages aux quatre coins du monde.

« Ces bouts de texte, écrit Bernard Faucon, j’en écris depuis l’âge de 16 ans. Le mécanisme est toujours le même, ça me prend au réveil, au volant de ma voiture (jadis sur ma mobylette), au fond d’un bain à l’essence de lavande brûlant. Une métaphore, une équation existentielle que je m’empresse de noter, maladroitement. Cent fois je reviens dessus. Il n’y a qu’un seul point de départ, qu’un seul thème : le vertige d’être là, "ma contingence" qui s’émousse avec le temps tandis que grandit la brûlure de plus en plus vive et sans équivoque de la chair adorée. Un voyage, une course affolée de 30 années dans la plus pure actualité du monde. »

Extraits :

« Soudain la chaleur de l’été, les silhouettes du désir, l’appel des hautes lumières et des forts contrastes.

Chaque jour s’ouvre sur un sentiment de catastrophe, il faut un peu de temps pour délimiter le malheur.

Le chantage du tout ou rien : "Pour moi l’exception ou la mort", qui fonde les protestations de la jeunesse, n’est plus de mise quand on peut se dire : "Au point où j’en suis, j’ai bien consenti quelque part !"

Une bavure d’écume,

une mousse de coquillage sur un ventre lisse,

une répétition furtive,

un doigt trempé à toute vitesse dans l’eau chaude,

un ruban un instant agité à la portière du bolide,

une effraction dans une construction de sucre d’orge,

c’est si joli un orge enfantin !

Toute sa vie on remonte à sa source, irrésistiblement on rebrousse son chemin, mais pour briser ce magnétisme, il reste le torrent des chairs, le vertige des grands nombres...

Un matin on se réveille un peu plus tôt que d’habitude, c’est le printemps, et on s’aperçoit qu’on a oublié de prendre 20 ans en compte, 20 ans ! »

La peur du voyage, Bernard Faucon, William Blake & Co., pp. 48-49.

Présentation de l’auteur :

Bernard Faucon est né à Apt en 1950. Il a réalisé pendant plus de 20 ans des mises en scènes photographiques exposées dans le monde entier, et participé aux grandes expositions internationales autour de l’image fabriquée. Principales séries : Les Grandes Vacances, Évolution probable du Temps, Les Chambres d’amour, Les Chambres d’or, Les Idoles et Les Sacrifices, Les Écritures, La Fin de L’image.

Il a publié en 1999 son premier recueil de textes sans image : "La peur du voyage."

De 1997 à 2000 il a réalisé dans vingt pays du monde l’événement Le plus beau jour de ma jeunesse impliquant cent jeunes dans chaque pays.

Liens :

Portfolio de Bernard Faucon

Le site de l’éditeur de Bernard Faucon

Bernard Faucon : La peur du voyage
Publié le 29 juillet 2005
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
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