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LIMINAIRE
Marguerite de Navarre, destruction, reconstruction et métamorphoses


Le collège Marguerite de Navarre à Pau fait peu à peu peau neuve et avec une classe de quatrième nous allons essayer cette année de témoigner de cette métamorphose.

2e séance :

Deux ateliers pour cette deuxième séance qui s’est déroulée le 7 avril à Pau.

Promenade géolocalisée / atelier itinérant :

Avec les élèves de 4°8 nous avons fait le tour du Collège Marguerite de Navarre à Pau, munis de tablettes numériques Archos (dans le cadre du lancement de l’expérimentation « Mallettes de lecture numérique » le CDI du Collège Marguerite de Navarre dispose en effet de 6 tablettes), sur lesquelles nous nous sommes servis du logiciel Evernote à titre expérimental, ainsi que d’appareils photos, de feuilles et de quoi écrire, pour noter tout ce qu’ils remarquaient lors de leur promenade, créant ainsi un carnet de bord multimédia.

 

 

 

 

 

 

 

« Je pense qu’en effet, il est nécessaire de penser à sa ville de façon durable. Tout ce que nous construisons a une durée de vie limitée et a donc un jour la possibilité de devenir une ruine. Ceci devient particulièrement intéressant lorsque l’on compare avec le Japon où les bâtiments sont souvent construits seulement pour 40 ans si ce n’est moins. L’idée que les bâtiments seront changés fait partie du processus.

À ce titre, le grand temple de Ise est étonnant. Le temple symbolise le cœur du culte Shinto au Japon, c’est à dire l’endroit le plus sacré. La forêt y est magnifique ainsi que les bâtiments. Dans la forêt, il y a deux terrains côte à côte de taille égale, l’un avec le temple, l’autre sans. Tous les 20 ans, le bâtiment est reconstruit à l’identique sur le rectangle voisin. Dans ce cas les bâtiments ne peuvent devenir ruine, car ils sont démontés avant de péricliter. Le renouvellement est programmé et préparé en amont. »

Karl Dubost, La Grange

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tentative de description de la cour du Collège :

Les élèves devaient noter tout ce qu’ils voyaient depuis une position fixe dans la cours du Collège Marguerite de Navarre. L’exercice s’inspire de la Tentative d’épuisement d’un lieu parisien de Georges Perec, à partir duquel j’avais fait travailler l’année dernière les participants à l’atelier d’écriture sur la ville : Tentative d’un lieu parisien : Stalingrad.




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il existe des milliers de mashups, plus ou moins utiles, combinant carte et données, et un certain nombre d’outils, en dehors de Google maps pour transformer ses cartes, notamment Scribbleou bien encore EveryTrail, que nous avons utilisé lors de cet atelier de création itinérant.

La carte interactive peut devenir une nouvelle manière de raconter une histoire, dans notre cas, un carnet de voyage, en guidant l’internaute de lieux en lieux, et en rajoutant visuels, sons et liens.

 

 

 

 

 

 

 

Géolocalisation des photographies de notre trajet avec EveryTrail :

Collège Marguerite de Navarre à Pau




 

 

 

 

 

 

 

Photographies prises par les élèves à partir des tablettes numériques Archos :



 

 

 

 

 

 

 

Photographies sur les ateliers promenade géolocalisée et tentative d’épuisement d’un lieu, par Élise Lamiscarre et certaines de ses élèves qui se sont emparées de son appareil en cours de route :




 

 

 

 

 

 

 

Quelques-uns des textes des élèves :


Amélie Chaubeyre

J’observe les nouveaux algécos qui nous enlèvent des morceaux de cour. Le soleil les éclaire.

Des hurlements d’élèves retentissent. Dans cet amas de béton, quelques arbres fleurissent.

Sur ma droite, je vois le bâtiment B. qui va bientôt être détruit… couleur monotone du béton par terre.

Mon regard fuit ses affreux bâtiments gris, vieux, sans âmes : les algecos. Il préfère se balader de l’autre coté de la grille, vers la liberté, vers les grands arbres fleuris qui longent le lycée.

Derrière moi la haie. Plus loin des classes font sport, bruit des élèves qui courent.

En observant les préfabriqué en détail, on voit qu’ils ne sont pas encore terminés, des fils électriques en sortent. Le sol est dur, du béton.

Plus haut le bâtiment C., ses tonnes de fenêtre, toutes pareilles ; le bâtiment est d’un gris terne, rouillé et lassant au bout de deux presque trois ans au collège.

Le ciel est d’un bleu éclatant, le soleil brille mais moi je suis à l’ombre de ce maudit bâtiment. Et là sur le béton, une fleur rose égaré. Le self vert en forme ronde. L’auvent en bois. Les grilles qui doivent nous protéger des travaux mais qui j’espère vont bientôt être enlevées…


Marie Bourdet-Pees

Une élève court apporter le billet d’appel à la vie scolaire. Les élèves de M.G., professeur de sport, sortent le matériel de saut en hauteur. Des bus et voitures passent dans la rue.

Depuis plusieurs mois la cour a rétréci à cause des algecos, qui devraient accueillir l’administration et certains professeurs quand les travaux auront commencé. Le soleil tape déjà dessus : il doit faire très chaud.

Les pauvres élèves de M.R doivent faire le tour des terrains de basket pour s’échauffer.

Les professeurs rentrent et sortent du bâtiment et lorsqu’ils se croisent, discutent. Les élèves de M.R ont fini l’échauffement et commencent le cours de basket. Derrière moi une élève de 6° est coincée à l’intérieur du bâtiment C., les portes ne veulent plus s’ouvrir.

Des 4°8 saisissent l’occasion de se regrouper et attendent que 11h sonne. les cris des élèves en sport et les reproches de Mme L., la prof de français, car ses élèves ne respectent pas les consignes animent la cour grise seulement éclairée de quelques arbres verts.


Marine Latteux

Inventaire… Des sixièmes sous le préau pratiquent l’escalade avec M. E.

D’autres de l’autre côté, près des terrains de basket, écoutent M. R. leur expliquant sûrement commet va se dérouler le cours.

Outre ceux qui écoutent, ceux de Mr. G., qui installent le matériel (matelas, barres) : ils vont sûrement faire du saut en hauteur.

Les bâtiments paraissent délavés, sans couleur malgré leur bleu.

Les algecos bientôt finis n’attendent qu’à servir.

Les portes automatiques du bâtiment A qui, s’ouvrent puis se referment.

Le surveillant Jean Philippe va ramasser les tickets d’appel.

Les élèves de Mr. G. s’échauffent en faisant quelques tours de terrain.

Les quelques arbres semblent s’ouvrir au soleil.

Un élève qui se fait gronder par M. G. doit courir une minute sinon il aura une punition.

Les autres continuent par une épreuve de sprint.

M. G. me lance : « Tu notes tout ! »

Les élèves de M. Royo commencent par un match de basket : ils n’ont pas l’air d’être à fond.

Le soleil tapant sur mon visage.


Morgane Radigois

Le préau devant moi, abrite des élèves en cours d’escalade, ils écoutent les cris de M. G., leur prof de sport.

Adossé à un grillage vert, je regarde mon collège, celui où je viens de passer trois ans de suite.Cet endroit est entouré de grilles vertes enfermant les élèves et l’isolant du monde extérieur. Un petit espace couvert de verdure, là au moins il y a de la nature… pas du béton mais c’est interdit aux élèves.

A côté de moi, une canette de coca entourée d’une flaque de Coca, à moitié écrasée. Ça y est, les sixièmes s’entraînent, ils font le tour du terrain de basket ; quelques injures sortent de leur bouche, déjà vulgaire à leur âge…la jeunesse. Pas en très bonne condition physique ces élèves : au bout de deux tours ils arrêtent essoufflés, il y en a même un qui dit : « Il est fou ce prof, cinq minutes ! » Maintenant ils se mettent au basket, Pauline est sous un panier...attention elle risque de se recevoir un ballon.

Tiens, M. H. vient de passer une cigarette à la main.

Malgré ces profs un peu sévères, ces bâtiments délavés,sans couleur, sans nature…que du béton… je l’aime bien mon collège.

Intégralité des textes :



Diaporama du chantier (photographies d’Élise Lamiscarre) :



 

 

 

 

 

 

 

Plaisir de retrouver à l’issue de nos ateliers de croiser dans le cour du collège, une partie des anciens élèves de la 4°8 de l’année dernière. Leur sourire est un rayon de soleil.



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