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LIMINAIRE
Séance 335


Proposition d’écriture :

Dessiner un long parcours fait d’étapes, une lente traversée du deuil, qui noue recherche poétique et recherche de l’autre à travers les mots. Sous la forme d’une adresse, justement, une tension capable d’englober l’amour et la douleur, et qui au fil du récit s’épuise et s’apaise, trouve son souffle et sa place, faire du poème la seule habitation possible pour changer la douleur en bien, l’absence en présence, le désastre en épiphanie.

L’adresse, Françoise Clédat, Tarabuste Éditions, 2010.

Présentation du texte :

La mort soudaine de l’amant d’une vie est l’événement qui est à l’origine de ce livre de Françoise Clédat. « Cet « avènement » de la mort, écrit Marie Fabre, qui s’oppose par sa brutalité à l’effacement progressif qui était à l’origine d’Une baie au loin, marque une césure dans la vie comme dans l’écriture, et ne permet aucune médiation de type fictionnel ou culturel : tout est balayé et remis en jeu par la mort ― la forme de la vie, comme celle de l’écriture, doit être réinventée à partir de ce nouveau lieu qu’est l’absence. »

« La mort de l’aimé soumet l’être à une déflagration, poursuit Marie Fabre, démantèle la parole, l’identité. Tout doit repartir de cette absence, de cet appel à vide du corps de l’amante, enfin de cette pure « tension vers » plusieurs fois évoquée dans le recueil. »

Extraits :

« Quoi de toi mort

quand mort ?

Je n’ai pas l’imagination de ta

vie de mort

en mort

Inconnu

donne à l’inconnu

la familiarité

ne pas savoir

délesté de vouloir savoir

Je n’ai pas l’imagination

de ta décomposition

corps

décomposé

mais de l’occupation

de ton corps

mon corps

occupé

que dure cette occupation

d’être mon corps

de ton corps

occupé »

L’adresse, Françoise Clédat, Tarabuste Éditions, 2010.

Auteur :

Françoise Clédat, née en 1942 dans la Creuse, a fait des études de Lettres, puis d’Histoire de l’Art (DEA sur le paysage dans l’art contemporain). Après des activités professionnelles d’enseignante et d’historienne de l’art en région parisienne, elle est revenue dans la Creuse où elle écrit désormais à temps plein. De multiples collaborations avec des revues (Sorcières, Friches, Triage…) l’ont conduite à publier ensuite 5 recueils de poésie chez Tarabuste et Encres vives. Principaux ouvrages de poésie : En tel détail recluse, Encres Vives, 2000. La Langue de Méduse, Tarabuste, 2001. Jardins de la petite morte, Éditions du Patrimoine, Prix de poésie des Jardins de Talcy, in La Coupure du parc, Tarabuste et Monum, 2003. La Chambre de mon fils, Tarabuste, 2004. Le Gai Nocher, Tarabuste, 2006.

Liens :

Portrait d’Iseut en survivante sur le site Terres de femmes

EExtrait de l’ouvrage sur le site Terres de femmes

Critique de l’ouvrage par Sylvie Fabre G. sur le site de Poezibao

Une Baie au loin (Turnermonpère) de Françoise Clédat, lecture de Florence Trocmé

Le Gai Nocher de Françoise Clédat

Françoise Clédat : L’adresse
Publié le 7 avril 2010
- Dans la rubrique ATELIERS D’ÉCRITURE
Ateliers d’écriture Poésie Amour Absence Fragment Mort






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